Sources historiques et scientifiques

Nous avons regroupé dans ce chapitre des éléments significatifs relatifs au culte et à la présence de Marie-Madeleine, Marthe et Lazare en Provence (Ils sont tous antérieurs à la redécouverte des reliques de Marie Madeleine, en 1279) Chacun sera libre d'apprécier si cet ensemble cohérent est en mesure de soutenir la solidité de la tradition provençale...Mais pour être honnête, il faut bien avouer que le faisceau de présomption est assez resséré...Les documents antérieurs à l'an 1279(*) sont peu nombreux; Les Sarrasins et les Normands les ont en grande partie anéantis au VIIIe et au IXe siècle. 

 

 

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Les Actes du martyr de St Alexandre de Brescia

Ces actes en Italie rapportent que sous l’empire de Claude (41-54), saint Lazare était évêque de Marseille, et saint Maximin évêque d’Aix. 

 (extrait des actes) Alexandre, né à Brescia, (à l’est de Milan) d'une famille illustre, et instruit des vérités de la religion chrétienne, alla à Marseille, encore adolescent, auprès du bienheureux Lazare, évêque de cette ville, lorsque l'empereur Claude persécutait les chrétiens. S'étant rendu de là à Aix auprès du bienheureux évêque Maximin, et ayant été affermi par lui dans la foi, et enflammé d'ardeur à souffrir le martyre pour Jésus-Christ, il retourna à Brescia: là, ayant vendu ses biens et en ayant distribué le prix aux pauvres, il entra, par le désir qu'il avait du martyre, dans le temple de Diane, et commanda aux démons, au nom de Jésus-Christ, de briser les idoles.

 

 

La crypte de St Maximin et ses vestiges du Ier siècle

extrait de la vie de Marie Madeleine (ancienne vie), cité par Raban Maur: "Saint Maximin, prenant le très saint corps (de Marie-Madeleine, ndlr), l’embauma de divers aromates et le plaça dans un honorable mausolée"

 

Dans ce texte il est question d'un mausolée et les fouilles archéologiques exécutées à St Maximin ont prouvé que la crypte de la basilique était un petit monument en élévation, qui aurait pu être partiellement enterré dans l'antiquité.  L'appareil retrouvé notamment en partie basse des murs, date du 1er siècle. Sur les côtés latéraux on aperçoit encore les traces des niches primitives où l'on mettait les lampes. 

 

Le prieuré des moines de St Victor de Marseille

L'implantation des moines de St Victor dans la vaste provence ne se faisait jamais au hasard. Leur fondation privilégiaient des lieux sacrés, proches des tombeaux des saints en général. Pourquoi seraient-ils venus faire une fondation à St Maximin précisément, alors qu'il n'y avait là qu'une petite exploitation agricole et quelques villae, si ce n'était pour être au plus près d'un tombeau très illustre et bénéficier des grâces du saint vénéré en ce lieu?... Villa Latta était une exploitation agricole et peu à peu une vie chrétienne intense s'est développée autour de ce premier monument funéraire romain.

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Les sarcophages de la Basilique Ste Marie Madeleine, dans la crypte.

Leur aspect gallo-romain et les détails décoratifs caractéristiques les font dater de 380* , ils sont contemporains de la date de construction du petit mausolée. Il y a tout lieu de croire qu'ils ont été exécutés pour conserver et pour honorer les restes des premiers apôtres de la Provence, et ont remplacé les premiers tombeaux, après la paix de Constantin.

*(selon les études de Fixot)

 

(Avec l'édit de Milan en 313, les chrétiens peuvent sortir de la clandestinité, représenter leur foi et la mettre en valeur dans l'art funéraire, aussi les sarcophages paléochrétiens du IVe siècle sont-ils caractérisés par des scènes bibliques, tandis qu'au Vè siècle, l'art funéraire évolue, les goûts changent et la scène biblique disparait au profit de motifs plus simples d'autant qu'on a désormais le droit de construire des églises et de les décorer librement.

 

 

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 L'église et le baptistère du Ve et VIè siècle 

Eglise construite vers l'an 500, 25 m de long, près de cette nécropole antérieure (Fin IVe). Les dalles gravées qui sont actuellement dans la crypte datées du  IVè ou Ve appartenaient probablement à ces bâtiments. Cette eglise était encore en élévation au moment de l'invention des reliques. Elle atteste d'une importante ferveur chrétienne dans une bourgade alors minuscule et sans intérêt commercial ou stratégique particulier. Le baptistère a été démoli au XIe au moment de l'agrandissement de l'église.

Les fouilles de 1993-1994

Ces vestiges ( fouilles du baptistère et abside de la première basilique paléochrétienne, fouillée partiellement ) prouvent que dès le Vè siècle, une importante communauté chrétienne se trouvait à proximité immédiate de la crypte. Vu la taille de ce baptistère, comparable à ceux de Fréjus et d' Aix, il s'agissait d'un lieu très fréquenté par les catéchumènes qui voulaient se faire baptiser au plus près de la sépulture des saints, comme c'était la coutume dans les premiers siècles

 

 

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Le parchemin de l'an 710, et l'inscription en latin  (hic requiescit magdalenae corpus mariae) sur une tablette de bois probablement très ancienne, que l'on trouva dans le tombeau de sainte Marie-Madeleine avec ses ossements.

Les historiens de l'antiquité soulignent que plus une inscription funéraire est sobre, plus elle est ancienne. Probablement antérieure au IIème siècle.  

 

 Une semblable tablette, portant les mots Hic Martha jacet, trouvée également dans le tombeau de sainte Marthe à Tarascon.

 

Sarcophage de Ste Marthe à Tarascon 

 

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De même que celui de Marie-Madeleine, le sarcophage de Marthe date du IVe. Sur ce sarcophage antique on peut voir étonnamment, entre autres personnages de l'évangile, Marie-Madeleine aux pieds du Seigneur (à droite) et juste au-dessus, la résurrection de Lazare!

En 1979, sous l’autel de la crypte on découvrit parmi les vestiges antiques de ce qui fut vraisemblablement l’oratoire de sainte Marthe et son lieu d’habitation, une pierre de grande dimension qui ressemblait à un tombeau. Etait-ce le tombeau primitif de sainte Marthe, « la sépulture honorable », dont parle Raban Maur?

La collégiale Sainte-Marthe fut batie à l'endroit même où habitait la sainte. Elle abritait ses reliques, retrouvées en 1187, soit un siècle avant celles de Marie-Madeleine, après avoir été cachées lors d'une invasion sarrasine deux cent ans plus tôt.

C'était un des lieux de pèlerinage célèbres de Provence et parmi les plus anciens. 

Le roi Clovis vint prier sur le tombeau de ste Marthe en l'an 500 et fut guéri

 Cet épisode est relaté par St Grégoire le grand dans son Histoire des Francs et repris par Raban Maur.

« Clovis, roi des Francs et des Teutons, qui le premier (des princes de cette nation) fit profession de la foi chrétienne, frappé de la multitude et de la splendeur de ces miracles, vint lui-même à Tarascon et, à peine eut-il touché la tombe de cette sainte, qu’il fut délivré d’un mal de reins très grave, qui l’avait vivement tourmenté. En témoignage d’un si grand miracle, il donna à Dieu, par un acte scellé de son sceau, la terre située dans un rayon de trois lieues autour de l’église de sainte Marthe, de l’un et de l’autre côté du Rhône, avec les bourgs, les châteaux et les bois, domaine que cette sainte possède encore jusqu’à ce jour, par un privilège perpétuel. »Raban Maur in « Vie » de sainte Marthe.

 

Les libéralités royales de Clovis en faveur de l'église de Tarascon, successivement confirmées par les Rois de France,  ne peuvent être expliquées que par sa reconnaissance envers sainte Marthe.

 

 

 

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Les chapiteaux du cloître de Saint Trophime à Arles, dans la partie datée du 9ème siècle, représentant sainte Marthe avec la tarasque et sainte Madeleine essuyant de sa chevelure les pieds du Sauveur.

 

 

 files/Photos/images divers florence/tympan vezelay marie madeleine.JPG (un des tympans latéraux de Vézelay, Marie-Madeleine est à gauche du Christ)

 

Le Testament de saint Césaire d’Arles, de l'an 542, dans lequel il est question de l'oratoire de Sainte-Marie-de-la-Barque (Saintes-Maries-de-la-Mer).

 

Le Testament de Guillaume

 comte de Provence, datant de l'an 992, où il est fait mention du même sanctuaire et des donations de saint Césaire.

 

 

Le prénom de Marthe a été donné dans la région de Tarascon aux premiers siècles, on le voit sur des sarcophages et dans des textes anciens. C'est curieusement la seule région du Sud de la Gaule où on retrouve ce prénom féminin oriental à cette époque.

 

 

Une charte de Charles le Chauve, par laquelle ce roi concède, dans la ville d'Arles, un monastère portant le nom de Sainte-Marie-Madeleine, bien que l'église fût dédiée à la sainte Vierge (Charles le Chauve a régné de 840 à 877).

 

 

La bulle de Benoît IX relative à la restauration de l'abbaye de Saint-Victor à Marseille. Cette bulle est, il est vrai, de 1040, mais elle s'appuie sur des écrits très anciens, pour rappeler l'épiscopat de saint Lazare et sa sépulture.

 

 

Les pèlerinages

A la Sainte-Baume du pape Etienne III en l'an 816, de Jean VIII en 838, ceux de Géraud d'Italie, de Boson et d'autres princes, également antérieurs à l'an 1000.

 

 

Les Chartes de Rostang de Fos et de Pierre Gauffridi archevêques d’Aix en Provence relatives à la construction de l’église Saint Sauveur à Aix en Provence entre 1056 et 1082 où l’on trouve l’histoire détaillée de l’arrivée des premiers évangélisateurs de la Provence.

L'oratoire de Maximin, dont les fondations sont toujours visibles à la Cathédrale St Sauveur, considéré par les chrétiens  comme étant le premier oratoire de l'évêque d'Aix avant que cette tradition ne soit décrié par certains historiens contemporains le déclarant du XIe. Certains éléments de l'appareil en pierre ont pourtant bien été datés du 1er siècle.

 

 

Jean de Mailly et Vincent de Beauvais (dominicain)

ont ajouté dans leur vie de Marie-Madeleine, avant la parution de la Légende dorée (legenda aurea) l'épisode relatant le grand miracle de la conversion du gouverneur de Marseille.

 

La vie de Marie Madeleine (Vè ou VIe)

Probalement écrite par Maximin puis recopiée au fil des premiers siècles, c'est la plus ancienne vie de Marie Madeleine qui nous soit parvenue.

Extrait: "Sainte Marie-Madeleine, qui demeurait dans la compagnie de saint Maximin, comme la bienheureuse Marie, toujours vierge en celle de Saint Jean l’Evangéliste à qui le Seigneur l’avait confiée, s’abandonna à la sollicitude religieuse de ce saint disciple. C’est pourquoi, dans cette dispersion, sainte Madeleine s’étant associée à lui, ils se rendirent jusqu’à la mer, et montant sur un vaisseau, ils arrivèrent heureusement à Marseille. Là, ayant mis pied à terre, ils allèrent, par l’inspiration du Seigneur, dans le comté d’Aix, distribuant abondamment à tous la semence de la parole divine, et s’efforçant nuit et jour, par leurs prédications, leurs jeûnes et leurs prières d’attirer à la connaissance et au culte de Dieu tout puissant le peuple de cette contrée qui était incrédule et non encore régénéré par l’eau du baptême. Le confesseur et pontife Saint Maximin gouverna longtemps l’Eglise d’Aix, vaquant assidûment à la prédication, chassant les démons, ressuscitant des morts, rendant la vue à des aveugles, redressant des boiteux, et guérissant de toutes sortes de maladies.(Elle est considérée comme étant vraisemblablement ce qui nous reste des « Actes de Saint Maximin » disparus, cité par Faillon dans ses "Monuments inédits")

 

 

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(Jacques de Voragine à gauche, fresque XVè- Ottaviano nelli )

La vie de Marie Madeleine dans la Légende dorée

 Jacques Voragine (1230 † 1298), archevêque de Gênes, raconte le périple de la sainte en Provence, et sa mort à la Sainte-Baume, près de Saint-Maximin, dans son ouvrage rédigé entre 1261 et 1266, intitulé "Legenda aurea*" (Légende Dorée), compilation des vies légendaires et miraculeuses des saints et saintes du calendrier liturgique. * Rédigée en latin entre 1261 et 1266 

 

 

 

La présence de lazare à Marseille (à suivre)- la pierre du Nautonnier- La prison place de Lenche

 

 

 

 

Cet ensemble de faits prouve que le culte de sainte Marie-Madeleine, Ste Marthe et St lazare furent très vivaces en Provence dès les premiers siècles ainsi que le pèlerinage à la Ste Baume et sur son tombeau depuis les temps les plus reculés.

 

 

 

Certes il est peu de chartes, peu de faits sur lesquels les adversaires des traditions n'aient jeté le doute, ou qu'ils n'aient essayé de mettre en contradiction avec d'autres. Mais le débat ne sera jamais clos, parce que, de part et d'autre, on ne pourra jamais produire un document original d’époque, qui rende toute résistance impossible. Les détracteurs de la Tradition provençale seront toujours nombreux, mais comme Jésus a dit : « ce que les hommes tairont, les pierres le crieront » (Lc 19, 40)…Par contre, on ne convaincra jamais d'erreur ceux qui voient dans les monuments existants et dans les données historiques concordant avec les traditions, des motifs suffisants de croire que ces traditions séculaires de la Provence ont pour base des réalités.

 

Il en est de même pour la Basilique Saint-Pierre de Rome construite sur un site très ancien qui abrite le tombeau de Pierre : l’assurance de la vérité historique n’est confirmée que par la tradition de l’installation des papes en ce lieu.

(*) En 1279, Charles de Salernes, compte de Provence et neveu de Louis IX, découvre à St Maximin une crypte avec quatre sarcophages du IVè siècle dont les ossements sont vite identifiés comme ceux des saints Maximin et Marie-Madeleine. On y vénère le crâne (avec le Noli me Tangere). La mâchoire inférieure (vénérée à St Jean Latran) est donnée par Boniface VIII en 1281. En 1295 : Début de la construction de la Basilique de Saint Maximin. La garde des reliques est confiée aux dominicains.

 

 

 

 

EXPERTISES SCIENTIFIQUES DES RELIQUES

Selon une expertise anthropologique réalisée par l’Institut d’archéologie méditerranéenne (C.N.R.S.) en 1974, les ossements dits de Marie-Madeleine provenant de la crypte de la basilique de Saint-Maximin et de l’église de la Madeleine à Paris appartiennent à une femme d’1m48, âgée d'environ 50 ans, de type méditerranéen gracile.

Expertise des cheveux

Des cheveux retrouvés en 1279 ont toujours été conservés à la Basilique. Quelques uns ont été analysés au microscope éléctronique en 2017. De nombreux éléments sont très intéressants. Dont des pollens de palestine (dossier en cours...)

Reconstitution virtuelle 

Une proposition de reconstitution du visage de Marie-Madeleine a été faite en 2017 par une équipe de scientifiques (à suivre...)

 

 

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Pour aller plus loin...

 

Vie primitive et érémitique de Marie-Madeleine (V ou VIe siècle) (fichier pdf : 147 Ko)

 

Extraits de la vie de Marie-Madeleine à la Ste-Baume par Raban Maur (IXe siècle) (fichier pdf : 360 Ko)

 

La Légende dorée (XIIIe siècle) (Légende = "Histoire à lire"; partie sur Marie-Madeleine) fichier pdf : 240 Ko)

 

« Monuments inédits sur l’apostolat de sainte Marie-Madeleine en Provence, et sur les autres apôtres de cette contrée : saint Lazare, saint Maximin, sainte Marthe, les saintes Marie Salomé et Jacobé » par l’Abbé Etienne-Michel FAILLON, 1848 (Apercu général avec liens pour télécharger les 2 tomes sur Google Livres : fichier pdf 325 ko).


Développement des preuves données ci-dessus à partir de l'ouvrage monumental de l'Abbé Faillon et d'autres sources historiques (fichier pdf : 607 Ko)

 

Etude scientifique (CNRS) sur les reliques de Marie-Madeleine en 1974 (fichier pdf : 76 Ko)

 

Marie-Madeleine vue par Maria Valtorta. Ces révélations privées s'alignent sur la Tradition provençale de sainte Marie-Madeleine (cliquez ici)

 

Pour en savoir plus sur l'identité de Marie Madeleine, vous pouvez vous procurer les ouvrages de Mgr Jean-Pierre Ravotti: "Marie Madeleine, femme évangélique" (Editions Salvator) et "Sainte Marie Madeleine, Evangiles et Traditions" (Ce livre est disponible dans la magasin de la Basilique à St Maximin)

 

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